Premier bastion des balbuzards nicheurs sur le continent français et zone de colonisation pour les pygargues, la région Centre-Val de Loire est un territoire essentiel pour les aigles pêcheurs.
Quelle est la situation actuelle ?
LE POINT DE DÉPART
La première nidification réussie du Balbuzard pêcheur en région, depuis sa disparition, a eu lieu en 1985 en forêt orléanaise dans le Loiret. Après la découverte d’un deuxième couple en 1991 à proximité, la population nicheuse en Forêt d’Orléans n’a cessé d’accroitre constituant ainsi un véritable bastion pour l’espèce. C’est ici que débute le programme de baguage de l’espèce porté par Rolf Wahl à partir de 1995. Les balbuzards se sont ensuite installés progressivement dans les départements voisins avec des premiers succès de reproduction en 1995 pour le Loir-et-Cher, en 2007 pour le Cher et l’Indre-et-Loire, et en 2016 pour l’Indre. En 2025, on compte désormais une soixantaine de couples nicheurs dans la région.
Concernant le Pygargue à queue blanche, la première observation de l’espèce en période de reproduction date de 2011 avec un mâle immature qui est resté plusieurs mois en Brenne, dans l’Indre. Plusieurs années se sont ensuite écoulées avec signes avant-coureurs d’une reproduction du pygargue. Ce n’est qu’en 2018 que le premier jeune a pu être observé en centre Brenne, confirmant ainsi la reproduction de l’espèce. Depuis, un deuxième couple est suspecté en Brenne et un couple a été découvert en Sologne en 2024. Vu le potentiel d’accueil de la région et la dynamique de l’espèce, il est très probable que d’autres couples soient découverts dans les années à venir.
Où vivent les aigles pêcheurs dans la région ?
À L’INTERFACE ENTRE LES FORÊTS ET LES ZONES HUMIDES
Avec près de 18 grands cours d’eau, plus de 6 500 étangs et 27% de son territoire recouvert de forêts, la région Centre-Val de Loire offre aux balbuzards des secteurs de pêche et de nidification de choix. On peut ainsi rencontrer cette espèce sur des secteurs avec de grands massifs forestiers à proximité de grands cours d’eau comme la Loire (Forêt d’Orléans, Domaine national de Chambord, Forêt de Chinon, autour du Lac de Rillé et forêts voisines d’Anjou et de Touraine) ou de secteurs forestiers constitués d’étangs piscicoles comme la Sologne ou la Brenne. L’espèce apprécie également s’installer sur les pylônes électriques présents au sein des ces mosaïques de forêts et de points d’eau avec plus de 25 aires recensées sur ces supports métalliques.
Le Pygargue à queue blanche, quant à lui, va privilégier les grands étangs accueillant de grandes quantités de poissons ou d’oiseaux d’eau et bénéficiant d’une certaine quiétude vis-à-vis du dérangement humain, d’où son implantation en Brenne et plus récemment en Sologne. La présence de forêt avec de gros bois est également déterminante pour l’installation de l’espèce.
Quelles actions ?
Plusieurs actions sont déployées en région depuis le retour du balbuzard et l’installation du pygargue afin d’améliorer les connaissances sur ces aigles pêcheurs et leur préservation. Réunis en comité de pilotage régional, les acteurs partagent une stratégie collective de conservation des deux espèces, en tenant compte des enjeux locaux. La connaissance, la gestion et la communication sont trois volets essentiels du plan d’actions décliné en région Centre-Val de Loire. Toutes ces actions sont possibles grâce à la richesse des acteurs au sein du réseau régional et la volonté des propriétaires de s’impliquer dans la préservation de ces espèces.
Prospections et suivis des aigles pêcheurs
Le suivi des couples nicheurs réalisé en région est couplé au baguage des jeunes oiseaux, ce qui permet d’étudier la démographie des populations. Des suivis par piège photo sont également mis en place pour étudier de manière précise les dates de ponte et d’envol des jeunes, ainsi que leurs comportements. La recherche de nouveaux nids, notamment au niveau des secteurs à fort potentiel d’accueil, est longue et fastidieuse, mais permet d’assurer une protection des nids dès leur découverte et d’optimiser le succès reproducteur des couples.
Sécurisation des nids et maintien des habitats favorables
Des échanges sont entretenus avec les gestionnaires des milieux forestiers dont l’ONF afin de maintenir des zones de quiétude pour garantir, au mieux, le succès de reproduction des couples. Des stratégies pour favoriser la présence d’arbres porteurs et installer des plateformes de nidification sont également mis en place.
Sensibilisation du grand public
Les webcams et pièges photographiques sont déployés depuis plusieurs années pour permettre au grand public de connaître le Balbuzard pêcheur : le Domaine national de Chambord, le nid de l'Étang du Ravoir en Forêt d’Orléans et bientôt la Touraine se sont investis dans ces technologies. Par ailleurs, de nombreuses animations sont organisées pour faire découvrir ces espèces au plus grand nombre comme à l’Etang du Ravoir dans le Loiret où plusieurs centaines de personnes sont accueillies chaque année. Plusieurs actions de communication ont également été mises en place en faveur de ces aigles pêcheurs comme la parution du livre « Ninon et les balbuzards » par Virginie Berdal du Domaine national de Chambord.







